Pourquoi produire de l'électricité avec le vent?

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Le recours au vent pour la production de l'électricité s'est imposé au cours du temps car c'est l'une des sources d'énergie renouvelable la plus répandue mais sa fréquence a varié selon les nécessités des époques et le coût de production du kWh. Depuis le début des années 70 il est devenu petit à petit incontournable. Il se justifie pour plusieurs raisons.

C'est l'origine historique du développement de l'industrie éolienne à la fin du 19ième et au début du 20ième siècle. Avant l'apparition des grandes centrales à fuel, à charbon ou à gaz de ville, et la mise en place de grands réseaux, l'énergie éolienne comme l'hydoélectricité représentait un des moyens privilégiés d'accès à l'électricité. Ainsi au Danemark qui ne dispose pas de ressources hydrauliques importantes, l'énergie éolienne s'est développée rapidement. Dans l'entre-deux guerre, les éoliennes ont équipé de nombreuses habitations surtout aux Etats-Unis mais également en France dans les régions éloignées des agglomérations aussi longtemps qu'elles n'ont pas été raccordées aux centrales à gaz de ville. Les éoliennes ont permis aux populations, en particulier à celles des lieux isolés de pouvoir bénéficier de l'électricité.
L'accès à l'électricité au moyen d'aérogénérateurs est encore d'actualité. Ainsi en Chine ou en Inde de nombreuses régions sont équipées d'éoliennes en raison de l'inexistence du réseau. C'est encore plus vrai dans les îles. D'ailleurs un industriel français, Vergnet fondé par Marc Vergnet ( actuellement en retraite) qui avait racheté la société Aerowatt (revendue depuis), est le spécialiste mondial des petites et moyennes turbines adaptées à ce type de situation. Il produit des machines haubanées que l'on peut rabattre sur le sol en cas de cyclone. Aux pôles où le vent est une ressource abondante, le courant des observatoires provient souvent d'éoliennes permettant ainsi d'économiser le fuel utillisé par les groupes électrogènes .
Avant les années 70, l'Unesco a soutenu de nombreux programmes d'électrification éolienne pour les zones arides. Malheureusement cette action ne semble pas avoir débouché sur les progrès escomptés, en particulier en Afrique.
Dans le cadre de l'accès aux zones isolées, la disponibilité technique des machines et leur efficacité sont déterminantes.Le coût du kWh bien que facteur secondaire par la force des choses, reste toutefois un élément important comme dans les régions équipées de réseaux et de centrales. Les progrès techniques des aérogénérateurs lui permettent de rester à un niveau raisonnable. Ainsi en France, le tarif de base d'achat par EDF dans les îles est de 11 centimes d'euros le kWh contre 8,2 centimes d'euros le kWh sur le continent(jusqu'au 31/12/2016 en France) et reste inférieur au tarif off-shore. L'autarcie énergétique par les énergies renouvelables, en particulier éolienne, est un rêve partagé par de nombreux particuliers. Les raisons vont du désir farouche d'indépendance au simple calcul économique provoqué par l'augmentation inexorable du prix des sources traditionnelles en passant par l'action militante (à la base de l'opération l'opération Tvind au Danemark en 1978 qui est l'une des origines de la renaissance éolienne).
La prise de conscience des problèmes climatiques par de larges franges de la population et le désir d'usage d'électricité d'origine renouvelable accompagné d'une acceptation pour celle-ci d'un prix plus élevé du kWh laissent penser qu'à l'avenir un nombre croissant d'habitations bénificiera d'un véritable mix énergétique d'origine renouvelable. C'est déjà vrai dans un quartier de Fribourg en Allemagne, sur certaines îles scandinaves ou aux Canaries sur l'île d'd'El Hiero (voir "Le Monde" hors série décembre 2011-janvier 2012 sur le nucléaire et la transition énergétique). Cela devrait être le cas pour certains bâtiments à énergie positive équipés d'éoliennes individuelles et de systèmes solaires photovoltaïques et thermiques.
Pour des particuliers ou de petits industriels en mesure de produire leur propre électricité, des expériences ont montré que le coût du kWh éolien est parfois avantageux selon la taille des machines utilisées. Un développement important est prévisible en cas de mesures d'encouragement des pouvoirs publics. Seules des contraintes administratives et techniques imposées par les lobbys anti-éoliens divers, comme en France, peuvent entraver l'émergence de solutions originales. Participer à la production d'électricité et alimenter le réseaux avec des aérogénérateurs comme avec les autres sources d'énergie devient de plus en plus une réalité. Depuis la première expérience historique de la machine de Putnam aux USA , comme pour l'énergie solaire ou les microcentrales hydrauliques, cela a véritablement commencé avec des initiatives de particuliers mais aussi avec de groupements de producteurs comme au Danemark ou en Allemagne et cela concerne principalement les petites centrales. Il faut mentionner l'exemple exceptionnel pour un pays comme la France de la ville de Montdidier dans le département de la Somme qui s'est dotée d'une centrale éolienne pour couvrir ses besoins, profitant de sa particulatité de posséder sa propre société de distribution.
La possibilité de raccordement des éoliennes au réseau a évidemment engendré la constitution de nombreuses sociétés d'exploitation de centrales éoliennes de par le monde. A l'origine ces compagnies étaient de tailles modestes et réduites à quelques actionnaires particuliers. La sécurité et l'augmentation du rendement financier de la production éolienne ont naturellement attiré les grandes compagnies de distribution ou de production et ce sont majoritairement elles qui investissent aujourd'hui dans des parcs de tailles importantes pouvant atteindre plusieurs centaines de MW. Pour ces dernières, il s'agit souvent de pouvoir bénéficier d'un mix de solutions d'approvisionnement. Ainsi au TEXAS, pays producteur de pétrole par excellence, plusieurs centrales éoliennes de grandes tailles ont été construites par de grandes compagnies. Ce sera le cas pour les très grands parcs éoliens off-shore qui demandent des investissements financiers très lourds. Notons cependant que la première vraie centrale off-shore mondiale, celle de Middelgrunden, assurant une partie de la consommation de la ville de Copenhague, a été érigée à l'instigation d'une coopérative.
Depuis le début des années 70, le coût de production du kWh éolien a continuellement baissé de sorte qu'il est aujord'hui du même ordre de grandeur de celui des autres grandes sources d'énergie que sont l'électricité nucléaire, l'hydroélelecticité, l'électricité d'origine fossile (pétrole, gaz et charbon), c'est à dire dans la fourchette de 30 à 100 euros le MW. Seul le prix du MW off-shore des futurs parcs semble un peu plus élevé. L'électricité éolienne on-shore souffre d'un inconvénient majeur. En effet, son coût complet est totalement transparent et très facile à calculer car tous les facteurs qui le constituent sont connus jusque dans les moindres détails. En général, il est estimé en moyenne entre 60 et 81 (fourchette haute-voir étude FEE) euros le MW (étude de 2016) selon le potentiel de production des sites et la nature des contrats d'achat des aérogénérateurs (75% de l'investissement), évidemment non accessibles en raison de leur caractère commercialement confidentiel. Aujourd'hui l'électricité d'origine éolienne est donc en mesure de participer au mix énergétique et s'affirme comme l'une des réponses majeures à la demande croissante d'énergie électrique dans le monde.

Dernière correction et modification : le 11/02/2017.

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