Une croissance à deux chiffres (2000-2008)

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          Au début du 21ième siècle, l'industrie éolienne est devenue une industrie comme une autre, sauf qu'à l'inverse des industries traditionnelles, souvent sur le déclin elle fait preuve d'un dynamisme remarquable. Cela est dû à plusieurs facteurs. L'un de ceux-ci tient à un paradoxe. Bien que reposant sur une tradition datant de la fin du 19ième siècle, l'industrie éolienne présente toutes les caractéristiques de la modernité héritées de sa renaissance du début des années 70. De cette époque fondatrice elle tire sa force à la fois sur le plan technique par l'usage des matériaux et des procédés les plus récents et sur le plan humain par les qualités d'adaptation de ses acteurs, héritiers d'une vision industrielle en rupture avec les méthodes lourdes et bureaucratiques en usage dans les domaines traditionnelles. Un autre facteur est son universalité qui lui confère la capacité de pouvoir à la fois continuer à irriguer les régions traditionnelles du Nord de l'Europe et de l'Amérique et de se fondre dans le cadre de la mondialisation.
A partir de 2000, la hiérarchie de l'éolien est boulversée, l'Allemagne devient le leader du marché avec l'Espagne pour dauphine alors que le Danemark se maintient remarquablement dans le trio de tête malgré la petite taille du pays comparativement à celle de ses deux rivaux et de l'essoufflement de la demande intérieure. C'est à ce moment que le marché éolien croît de façon spectaculaire un peu partout dans le monde.
Les aérogénérateurs sont en mesure d'offrir une réponse à la demande grandissante de production d'énergie électrique dans le respect des contraintes environementales de plus en plus drastiques et à un coût compétitif. En termes de communication l'éolienne est devenue un symbole de la modernité. Sa silouhette apparaît fréquemment dans les publicités ou les livres d'écoliers voire dans les revues spécialisées d'entreprises où elle est un signe d'engagement dans la voie du futur.

Les constructeurs d'éoliennes sur le chemin de la croissance et de la consolidation.

Les sociétés poursuivent leur croissance. D'abord en terme d'organisation de la production . En effet même si la conception et l'assemblage sont les activités caractéristiques des entreprises du domaine, elles ont souvent tendance à produire une partie des pièces nécessaires à l'élaboration de leur produit. Même si un spécialiste comme LM Glasfiber reste le leader du domaine, de plus en plus de firmes intègrent en leur sein la fabrication des pales telle Nordex qui inaugure en 2001 un atelier à Rostock. Cela se fait le plus souvent par rachat d'un fabricant spécialisé né dans les trente annéees de la fin du 20ième siècle. La taille des machines augmente et la nécessité de réduire et de faciliter le transport incite les constructeurs à multiplier les usines au plus près des marchés. Ceci se traduit par une vague importantes de création de filiales sur les cinq continents et une coissance importante des effectifs.
Parallèlement, on assiste aux premières concentration avec le rachat de Neg-Micon par Vestas en 2004 qui devient le leader mondial du domaine. C'est la fin du joint venture entre Vestas et Gamesa. Vestas vend en 2001 sa participation de 40% dans Gamesa Eolica en 2001 à Gamesa qui devient un acteur majeur du marché de l'éolien. Porté par le développement rapide du marché espagnol Gamesa part à la conquête du monde et réussit à s'implanter en particulier sur les marchés allemands et américains. Cependant quelques défaillances sont à signaler comme celle de Frisia en rupture de paiement suite à des problèmes techniques en 2001. HSWen faillite en 2000 est racheté par Jacobs qui vient s'installer à Husum. Puis en 2001 Jacobs fusionne avec le bureau d'ingéniérie pro+pro, l'assembleur BWU et le bureau d'études Denker et Wulf (Denker étant un des spécialiste des financements de projets éoliens), pour constituer Repower qui s'impose d'emblée comme un fabricant de première importance en installant des MD 70 et des MD77 et signe cette même année un accord de coopération avec Gamesa avec qui il passe un contrat de licence pour la fabrication des MD 70, profitant du départ de Vestas.
Le besoin de trésorerie pour assurer les forts développements nécessitent l'entrée en bourse de nombreux constructeurs tels Nordex, Vestas ou Repower. La dilution du capital va naturellementn avoir pour effet une évolution de la gouvernance de ces entreprises accompagnée parfois par un changement de management qui va faire passer petit à petit un certain nombre d'entre elles du statut de PME innovante à celui de grande entreprise calqué sur le modèle traditionnel.

Le rôle de la puissance publique et des législations.

A partir des années 2000, la plupart des états prennent des mesures favorables au développement des énergies renouvelables et en particulier à l'éolien. Cela varie d'un pays à l'autre. Un premier système consiste en l'obligation d'achat par les constructeurs locaux de la production d'électricité éolienne à un prix fixe. C'est le cas en Allemagne avec la nouvelle loi, l' EEG, qui remplace à partir de 2000 la Stromerzeugung Gesetz ou en France dans le cadre de la loi sur l'électricité mise en place par le gouvernement de Lionel Jospin afin de rendre plus compatible la situation française avec les règlements européens. Aux USA le soutien se fait par le bief de mesures fiscales à travers la Production Tax Credit (PTC). Voté régulièrement par le parlement américain, le taux correspondant fait l'objet d'intenses lobbying au congrès entre les pro et les anti-éoliens. Quelque soit la nature des gouvernements fédéraux et des majorités, force est de constater que malgré les craintes ce soutien a toujours été reconduit. L'énergie éolienne ayant atteint la maturité, le Danemark a modifié sa législation pour en venir à un système de certificats verts qui est aussi à la base des mesures mises en place en Angleterre. Il existe aussi des législations spécifiques en Espagne et en Italie ainsi que dans plupart des pays du monde où les autorités se préoccupent du développent des énergies renouvelables. Ce type de mesures qui en d'autres temps a permis le décollage d' autres sources d'énergie est particulièrement favorable dans la mesure où il fixe un cadre précis et permet l'existence de producteurs de toutes tailles qui n'ont plus à discuter avec les grandes compagnies de distribution en position de force. Enfin un autre avantage de ces systèmes sur les négociations de gré à gré est la visibilité de l'investissement à long terme. Il facilite le recours à l'emprunt pour le financement des projets.
Un deuxième point est à prendre en compte est l'aspect réglementaire. Comme le montre l'exemple cocasse de la première éolienne allemande, l'absence de législation particulière pour l'implantation des aérogénérateurs est un frein. De fait des cadres légaux ont été petit à petit mis en place dans la plupart des pays, ce qui par ailleurs permet la résolution des conflits. Cependant la gestation des projets peut s'avérer longue lorsque le nombre d'examens par des organismes administratif est important. En France par exemple, entre le démarrage et la réalisation les délais sont de l'orde de 3 à 5 ans , ce qui désavantage les petites structures. Un autre problème de ce pays est l'instabilité de la législation et les révisions fréquentes des lois sur l'installation des parcs éoliens.
Cependant l'ensemble des dispositions prises depuis le début des années 2000 dans la plupart des pays a constitué un important effet de levier pour le développement de l'énergie éolienne.

De nouveaux venus très ambitieux.

En Allemagne voit le jours plusieurs nouveaux constructeurs. Multibrid propose une technologie originale avec un modèle a aimant permanent et un multilicateur de vitesse réduit. Le bureau d'ingéniérie Aerodyn a participé à l'élaboration de cette machine. Pour sa part Bard, financé par par un investisseur russe qui a investi dans l'éolien en Allemagne après avoir quitté l'industie pétrolière de son pays à la suite d'un compromis, se lance directement dans la fabrication sans la possibilité de profiter d'une expérience antérieure dans le domaine. Pour la conception de sa machine Bard a fait aussi appel à Aerodyn.
L'entreprise helvetico-scandinave ABB prend pied dans l'éolien en concevant ses propres turbines. Au USA en 2001 Clipper nouveau fabricant de grandes machines voit le jour 2001 en Californie.
Et ce qui était prévisible se produit inévitablement. Après avoir accueilli les entreprises étrangères, la Chine par nécessité d'accroître de façon très importante sa capacité de production électrique pour soutenir son industrie en pleine croissance et faire face à d'énormes besoins dans des régions reculées, se lance dans le domaine des énergies renouvelables et en particulier dans l'éolien. Ainsi en 2001 Xingjang , précédemment assembleur de machines sous licence pour le marché intérieur devient Goldwind. En 2001 Goldwind signe un accord pour la fabrication de machines de 750 kW de Repower. A partir de 2005 Goldwind développe ses propres machines dont une 1.2 MW. Très astucieusement, à l'occasion des Jeux Olympiques de Pékin de 2008, Goldwind achète la licence de Vensys constructeur allemand dont les machines ont été conçues par Friedrich Klinger. Puis Goldwind devient l'actionnaire majoritaire de Vensys. Une deuxième entreprise chinoise voit le jour, Sinovel, qui devient rapidement un acteur mondial important qui prend pied aux USA.

De nombreux rachats d'entreprises modifient le paysage éolien.

C'est d'abord Général Electrique (GE) qui profite de l'occasion offerte par les déboires d' Enron pour racheter sa filiale éolienne en 2002. Ainsi GE devient un des leaders du marché mondial de l'éolien avec des implantations aussi bien en Amérique qu'en Europe puisqu'elle acquiert ainsi les installations de Tacke à Salzbergen en Basse-Saxe. GE renoue avec une tradition ancienne car GE était déjà impliquée dans la construction en 1940 de la Putnam-Smith première éolienne raccordée au réseau en 1943. Areva et Siemens entre en concurrence pour le rachat de Bonus et c'est finalement Siemens qui devient propriétaire en 2005 de l'entreprise danoise, Areva ayant reçu peu de soutien de la part du gouvernement français. Areva qui joue un rôle important dans l'éolien par la fourniture de postes de transformation et d'autres matériels électriques à travers sa filiale Areva T&D, rachetée à Alstom, est encore le candidat malheureux en 2007 dans la lutte pour l'acquisition de Repower dont la majorité du capital devient la propriété de Suzlon nouveau premier fabricant mondial. Nordex pour sa part est revendu par Balcke-Dürr qui connaît des problèmes financiers et c'est Goldman-Sachs qui devient pour un temps l'actionnaire de référence, le siège de l'entreprise restant à Hambourg. Areva voit sa ténacité récompensée avec la prise de contrôle en 2007 en deux temps de Multibrid dont les ateliers sont installés à Bremerhaven. Alstom gros fournisseur de génératrices pour les éoliennes devient propriétaire du constructeur espagnol historique Ecotecnia. Enfin Dewind après plusieurs rachats, dont l'un par une entreprise britannique de travaux publics, passe sous le contrôle du coréen Daewo. L'intérêt porté à l'énergie éolienne par ces firmes dont les activités sont mondiales est la démonstration que la production d'énergie éolienne est devenue commercalement compétitives. D'ailleurs certaines entreprises qui considéraient les aérogénérateurs avec quelque peu de condescendance par le passé n'ont pas pu résister aux taux de croissance à deux chiffres du secteur , tout en se gardant parfois de faire de la publicité autour de leur nouvelles acquisitions.....

Des machines de plus en plus grandes et des technologies innovantes.

A la fin des années 90 la plupart des constructeurs annoncent des modèles de la classe du MW comme la 1,5 MW de Vestas. Mais c'est au début des années 2000 que ces machines commencent à être installées et que 1.5 MW devient le nouveau standard représenté par exemple par la MD 70/77 de Repower également fabriquée sous licence par Führlander, Südwind filiale de Nordex, Gamesa ou Donfang en Chine. Sur le plan technique la mise au point de machines commerciales de la classe du MultiMégaWatt basées sur les technologies éprouvées des machines de la génération précédente est la règle chez les constructeurs traditionnels. La plupart des entreprises commencent à proposer des machines de 1 à 3 MW. La première de ces machines est la Nordex N80/90 de 80 m de diamètre pour une puissance de 2.5 MW. On dénombre ensuite de nombreuses 2MW comme les MM82 en 2003 et MM92 en 2005 de Repower ou la V80 de Vestas. GE annonce en 2003 deux machines de la classe des 3 MW, l'une de 3.2 MW de 104 m de diamètre et l'autre de 3.6 MW spécifique à l'off shore. Clipper propose une machine, la Liberty, de 2,5 MW tripale de 99 m de diamètre. Cette machine est très originale car elle est munie de plusieurs génératrices, ce qui permet de limiter l'importance du multiplicateur. Clipper prévoit une 7 MW pour le marché anglais. A partir du milieu des annéees 2000 tous les grands constructeurs comme Vestas, Siemens ou Dewind ont à leur catalogue des machines de la classe de 3 MW.
Les premiers prototypes de la classe du 5 MW voient le jour. Le diamètre des rotors dépasse 100 m. Nordex se distingue encore par l'annonce du premier développement d'une 5 MW, mais le premier prototype installé est celui d'Enercon l a E112, érigée en 2002 sur les lieux de ses ateliers de Magdebourg, une tripale de 120 m de haut et 112 m de diamètre avec entraînement direct et Ringgenerator. Elle est suivie par la 5M deRepower basée sur une extrapolation des techniques éprouvées avec générateur asynchrone et multiplicateur de vitesse. Multibrid propose pour sa part une machine, la M5000, une tripale de 116 m de diamètre à aimant permanent munie d'un multiplicateur à un seul étage dont le premier prototype est construit en 2004 à Bremerhaven. La première machine de Bard est une 5 MW de 122 m de diamètre dont un prototype est installé près de Wilhehlmshaven à Hooksiel petit port célèbre du temps du blocus continental. (minuscule et charmant havre de paix de la Mer du Nord qui tourna en ridicule le fameux empereur).
Une fois testées les machines de 5 MW voient progressivement leurs puissances augmenter sur la même base technologique. Des projets d'études de très grandes machines devant atteindre ou dépasser les 10 MW voient le jour. Compte tenu de la taille, des solutions innovantes s'imposent. Afin d'atteindre cet objectif, la Communauté Européenne soutient le programme Up Wind mis en place par un consortium d'établissements de recherche et d'entreprises sous la direction du Risoe Laboratory.

Le développement devient une activité à part entière

Les bureaux de développement traditionnels, comme ceux qui ont été fondés en Allemagne tels Ostwind, Plambeck, Windplan, WPD,Energie Kontor, ABO Wind, Enertrag profitent de la croissance du marché et desserrent l'étau de la concurrence intérieure en s'implantant de plus en plus à l'étranger en raison de la demande nouvelle. Ainsi à partir du début des années 2000 de nombreux développeurs allemands passent la frontière pour élaborer des projets en France à l'exemple d'Ostwind qui construit un parc à Saint-Clément dans l'Ardèche. En 2003 Umweltkontor lance le projet du fameux parc de La Muela en Espagne en y installant dans un premier temps 132 turbines Neg-Micon NM 750/48 de 55m de hauteur et de 48m de diamètre de 750 kW pour une puissance totale de 99 MW. Cette centrale éolienne installé sur un plateau près de Saragosse est le parc on shore le plus grand d'Europe est un exemple d'expérience pour le choix de développement de grands parcs terrestres. Il a radicalement transformé le village original qui est devenu une petite ville grâce à l'apport du parc éolien .Les pays émergents tels les BRICS sont aussi des cibles de choix . Cela peut se faire par le bief de joint ventures et les développeurs n'hésitent pas à franchir les océans. De nombreuses créations de bureaux de développement sont également à noter comme celle de la société anglaise Res et de sa filiale française Eole-Res très active en France, de la compagnie portugaise EDP ( Electricité du Portugal) ou des groupes français Theolia ou EDF-énergies nouvelles formée suite à l'entrée d' EDF dans le capital de SIIF-Energie, société de Pâris Moratoglou qui s'était lancé dans l'éolien après l'hydroélectricité. Ces sociétés opèrent sur leur marché national mais s'implantent rapidement leurs activités à l'étranger en particulier aux USA. Le groupe canadien Boralex n'hésite pas à déployer son activité en Europe avec l'installation en du plus grand parc français à Ally (Haute-Loire) dans le massif central. La mondialisation aidant il n'est pas rare de voir des sociétés européennes développer leurs activités en Chine ou en Inde.
La puissance des parcs augmentant les besoins de financement aussi de sorte que certaines sociétés font faillites alors que d'aures se retirent progressivement du marché, tel Plambeck. Au fil du temps les premières concentrations voient le jour avec le rachat par EDF-Energies de l' américain enXco en 2002. En France la libéralisation du marché de l'électricité a eu pour effet l'achat par les concurrents d'EDF le rachat des développeurs pionniers. Ainsi GDF-Suez devient majoritaire à la Compagnie du Vent de Jean-Michel Germa et EED de Philippe Bruyerre passe sous le contrôle de Poweo.

L' Off-shore le nouvel Eldorado Eolien

Depuis la propossition d'Honeff, il s'est passé près de sept décennies avant les premières implantations en mer voient le jour. En effet, le vent est beaucoup plus régulier et abondant en mer, mais les problèmes techniques sont aussi bien plus importants ce qui rend le prix du courant électrique plus élevé que pour les parcs terrestres. De toute façon il fallait que la taille des machines soit suffisante et leur degré de fiabilité suffisamment élevé pour que la construction de parcs en mer devienne économiquement intéressante. Historiquement, cela ne pouvait donc se produire que dans le cadre de la renaissance de l'éolien et à partir du moment où l'industrie éolienne a été capable de fournir les aérogénérateurs adaptés, c'est à dire lorsque la barre du MW a été franchie et que les machines de la classe du MultiMégawatt sont apparues sur le marché, c'est à dire à partir des années 2000.
Les premières réalisations ont eu lieux dans les années 90 près des côtes dans des zones de faibles profondeurs en Suède, au Danemark et en Hollande. Toutefois ces tentatives ne concernaientt que des petits parcs avec des machines de faibles puissances. Le premier parc off-shore véritable est construit en 2000 dans le Sund au Danemark face à Copenhague par un joint venture entre une coopérative de particuliers danois et la compagnie électrique de la ville. Il s'agit du parc de Middelgrunden constitué de 20 turbines Bonus de 2MW de 64 m de haut et de 76 m de diamètre placées sur des fonds marins de 6 à 8 m. En 2000 et 2001 au Royaume-Uni sont construits les parcs de Blyth devant Newcastle avec deux aérogénérateurs Vestas V80 de 2 MW puis en Suède ceux d'Utgrunden avec 7 machines de 1.5 MW et d'Yttre Sten-grunds avec 5 éoliennes de 2MW dans le Kalmarsund. Des producteurs danois d'électricité installent plus loin des côtes un parc en mer du Nord à Horns Rev d'une puissance de 160 MW et un autre dans la Baltique à Samsoe d'une puissance de 23 MW. Celui d'Horns Rev terminé en 2002 est constitué de 80 machines VestasV80 de 2 MW et celui de Samsoe, entré en exploitation en 2003, de 10 machines de 2.3 MW . Ensuite les installations se sont multiplient en Angleterre au large de l'Ecosse et en Irlande et le fameux parc de Cap Code aux USA a commencé à faire parler de lui.
A partir des annéees 2000 l'Allemagne a commencé à prévoir des parcs en Mer du Nord au large de la très renommée île de Sylt et des Iles de la Frise Occidentale, en particulier au large de Borkum à l'instigation du bureau d'études Prokon Nord, devenu Prior N, à des profondeurs de 40m environ et dans la Baltique au large de Rügen. Ces projets ont été conduits de façon très méthodique. La mise en place de ces parcs a commencé par la construction de plates-formes d'observation qui ont permis d'étudier tous les aspects de l'implantation depuis l'impact sur la faune, les mesures de vent jusqu'aux capacités de résistance aux tempêtes. Parallèlement les constructeurs allemands ont mis au point des machines adaptés aux conditions de l'offshore dont la puissance atteint voire dépasse 5 MW. Des centres d'essais spécifiques pour l'off-shore ont été créés près des côtes comme celui du DEWI-OCC à Cuxhaven entre Brême et Hambourg. Les prototypes y ont été installés. Parfois les machines comme la E112 d' Enercon ont été placés près de ces centres sur terre en bordure du littoral ou parfois en mer près de la côte comme la Bard. Puis les premières machines ont commencé à être installés sur les parcs. De la sorte les compagnie allemandes ont acquis l'ensemble du savoir faire spécifique aux implantations off-shore. Ce qui leur permet de conforter leur position de leader du domaine éolien et d'assurer la fiabilité des centrales off shore allemande.

Après une croissance effreinée, la pause de 2008.

Depuis les années 2000 l'éolien a connu des changements profonds tant sur le plan des matériels que sur le plan des organisations. Les entreprises du domaines ont petit à petit changé de taille et sont passées du stade de la PME innovante à celui de leader du marché mondial à l'image de Vestas, d'Enercon de Gamesa, Sinovel ou Suzlon. Toutefois la culture particulière de l'éolien semble subsister surtout dans les sociétés où la R&D est le coeur de métier et la création d'entreprise sur la base d'un concept innovant se rencontre encore.Pour le reste ce sont souvent de grandes entreprises du milieu traditionnelle de l'énergie qui commencent à jouer les premiers rôles surtout au niveau du développement, attirées par une croissance à deux chiffres et les possibilités de l'off shore. Le cadre fixé par les différentes législations assurent une perennité aux investissements et le côut du kWh éolien on shore est devenu du même ordre que celui des sources traditionnelles quand les contraintes auxquelles elles sont exposées sont prises en compte. Vers la fin des années 2000 le marché de l'éolien est mondialisé et la demande est si importante que la pénurie de machines commencent à poser problèmes. Une des conséquence est l' augmentation du prix du prix des aérogénérateurs qui peut atteindre parfois 30%. Paradoxalement , la crise économique de 2008 qui produit un ralentissement en raréfiant les sources de financement apparaît semble-t-il comme un opportun facteur modérateur.

          A SUIVRE....

Dernière modification et correction: le 21/05/2011.

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